ODEXPO : Présentez-vous en quelques phrases : qui êtes-vous et quel est votre parcours artistique ?
: Né en 1955 dans le Finistère, je suis profondément inspiré par les paysages marins. Mon travail s’inscrit dans la recherche de la lumière et du mouvement, avec une approche sensible et contemplative. Ma pratique est à la croisée du figuratif et du contemporain, dans ce que je définirais comme étant du réalisme poétique.
Passionné de dessin depuis l’enfance, mon parcours artistique s’est construit progressivement. J’ai d’abord exploré différents médiums tels que l’encre de Chine, le pastel, l’aquarelle, avant de choisir la peinture à l’huile. Une étape déterminante a été la redécouverte de ce médium aux côtés des peintres calédoniens Michel Moulimois et Johannes Wahono, suivie d’un perfectionnement auprès du peintre néo-zélandais Andrew Tischler.
O : Quelles sont vos principales sources d’inspiration ?
: Mon attachement au paysage marin et la volonté de traduire mes émotions face à la nature m’ont conduit à privilégier la peinture à l’huile comme médium principal. L’observation de la mer, de ses variations de lumière et de mouvement, ainsi que mon approche intuitive fondée sur la photographie de l’instant, ont façonné ma pratique actuelle.
O : Comment décririez-vous votre style ou votre approche artistique ?
: Bien que le réalisme poétique ne soit pas un courant artistique bien défini, celui-ci évoque la réalité quotidienne en lui conférant une atmosphère poétique, sensible et émotive.
Ce que je recherche avant tout c'est de transmettre l'émotion au travers de la toile.
O : Quelles thématiques ou questions abordez-vous dans votre art ?
: Ma peinture explore principalement le paysage marin et les éléments qui le composent. La mer, fluide et imprévisible, y incarne le changement et le mouvement, tandis que les rochers, ancrés et immuables, symbolisent la stabilité et l’éternité. Les ciels occupent une place essentielle, apportant une dimension temporelle et atmosphérique aux compositions.
À travers l’absence de figures humaines ou animales, j’aborde la relation entre l’homme et la nature, une présence invisible invitant à la contemplation et à la rêverie.
O : Décrivez votre processus créatif : comment passez-vous de l’idée à l’œuvre finale ?
: Je pratique la randonnée régulièrement, appareil photo à portée de main. Je m'inspire des photos pour réaliser mes tableaux en atelier.
O : Quel est l'outil ou le matériel indispensable à votre création ?
: La peinture à l’huile sur toile de lin est au cœur de ma pratique.
Le pinceau et parfois le couteau me permettent de traduire le mouvement et l’énergie du paysage.
Un tabouret de dentiste, chiné chez le brocanteur, assure mon confort pendant ma retraite artistique.
O : Décrivez votre espace de travail.
: J'ai organisé mon espace de travail dans le sous-sol de mon domicile. Celui-ci est en rez-de-jardin, ce qui donne beaucoup de lumière à la pièce.
O : Parlez-nous d'une de vos œuvres qui vous tient particulièrement à cœur. Pourquoi ?
: C'est le premier tableau que j'ai exposé, "Koulouarn". Il représente exactement ce que j'ai décrit. Il inspire une solitude apaisée. Il n’y a personne, mais on s’y sent présent. Le spectateur devient invisible, comme s’il venait d’arriver ou s’apprêtait à repartir.
Il évoque ce moment précis où le temps ralentit, quand le vent souffle sans bruit, quand la mer ne réclame rien, quand la pensée se tait.
Il s’en dégage une mélancolie douce, dénuée de tristesse, rappelant les paysages bretons où la lumière se transforme sans avertir. Une invitation à la contemplation, à la rêverie, à cette liberté intérieure que révèle l’immensité.
C’est un paysage qui ne raconte pas d'histoire. Il accueille celle ou celui qui regarde.
O : Comment gérez-vous les périodes de doute ou de blocage créatif ?
: Je ne dirais pas que j'ai des périodes de doute mais plutôt des moments où je sais que je dois quitter mes paysages marins pour peindre les bois, les fleurs, les animaux marins ou un autre sujet d'étude, afin de m'offrir une autre vision pour me ressourcer.
O : Où voir vos œuvres ?
: Mes tableaux sont visibles sur les réseaux sociaux comme Artmajeur, Facebook, Instagram, Odexpo, ou dans mon atelier et à mes expositions solo et collectives.
O : Le mot de la fin…
: serait ... qu'un tableau ne vit que par celle ou celui qui le regarde, comme l'évoquait un peintre célèbre.